Vœu pieux, mystification… et un grain de vérité l’éditorial de la tribune des travailleurs le 04/09/2019 par Daniel GLUCKSTEIN

À la veille du G7, l’association propriétaire d’Ouest-France – qui revendique ses liens avec l’Église catholique – a publié dans ce quotidien une mise en garde : « Le recul de l’industrie dans les pays développés a entrainé une contraction des emplois intermédiaires ; le chômage des jeunes et des moins qualifiés s’est aggravé ; leur accès à un emploi stable et à un logement est devenu problématique ; le pouvoir d’achat de nombreux ménages modestes s’est dégradé (…) ; dans la plupart des pays, les revenus des catégories aisées s’envolent, ceux des plus modestes stagnent ou diminuent. » 

Les rédacteurs s’inquiètent de ce que ces « inégalités croissantes (et) mortifères(…) nourrissent l’exaspération et la contestation sociale ». D’où l’urgence de solutions : « Un investissement massif dans l’éducation, l’accès pour tous à une protection sociale qui prenne en compte les mutations du travail, la généralisation des politiques de redistribution sociale. » 

Certes, ces propositions et leur formulation empruntent à la tradition de la charité chrétienne et non à celle du mouvement ouvrier. Du moins apparaissent-elles animées d’une bonne volonté… 

Là où le bât blesse, c’est quand, pour les mettre en œuvre, les auteurs s’adressent au « chef de l’État français (qui) a décidé de placer la lutte contre les inégalités au cœur du G7 », aux « États (qui) doivent prendre le problème à bras-le-corps » et aux « entreprises (qui) doivent contribuer à la réduction des inégalités »

Passons sur le ridicule de l’invitation faite à Macron d’investir dans l’école et la protection sociale au moment où sa politique d’austérité et ses contre-réformes du bac, du lycée, de l’école maternelle et des retraites frappent durement ces deux secteurs. Passons sur l’absurde de la demande adressée à Trump, Macron et leurs acolytes du G7 de bien vouloir faire du social. 

Mais que penser de la supplique adressée aux entreprises ainsi interpellées : « Pour perdurer, le capitalisme est condamné à agir pour le bien commun, à en finir avec certaines dérives. Il doit se donner d’autres objectifs que la maximisation de la valeur pour les actionnaires et contribuer activement à l’emploi » 

Cela s’apparente à un vœu pieux, mais c’est surtout une mystification : car la seule raison d’être du capitalisme, ce n’est ni l’emploi ni le bien commun, c’est d’engraisser les actionnaires. 

Mais dans tout mensonge se cache un grain de vérité. 

L’acharnement du capitalisme et du gouvernement Macron à son service à sacrifier tous les acquis ouvriers et démocratiques sur l’autel des profits alimente, c’est vrai, chaque jour un peu plus « l’exaspération et la contestation sociale ». 

Que l’Église se préoccupe des moyens d’y parer dans le but de faire « perdurer » le capitalisme, c’est son affaire. 

La classe ouvrière n’a que faire des suppliques et des appels à la charité. C’est par sa lutte de classe qu’elle en finira avec Macron, sa politique et ses contre-réformes. Ce que par sa lutte de classe elle a su arracher hier, elle est à même de le préserver aujourd’hui en unissant ses rangs contre la classe ennemie. 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.